Qu’est-ce qu’une plante alpine?

Question : qu’est-ce qu’une plante alpine ?

(article paru dans le bulletin Alpine-genium, automne 2109)

Réponse par Majella Larochelle :

La définition la plus simple : c’est une plante qui vit à l’étage alpin d’une montagne.

Ci-dessous, nous pouvons voir une représentation graphique pour illustrer l’étagement de la végétation dans les Pyrénées pour situer l’étage alpin. Il est à noter que les altitudes du modèle ne conviennent pas pour nos montagnes québécoises comme le Mont Jacques Cartier, que nous analysons à la page suivante en relation avec ses étages de végétation.

Source : https://www.pyrenees-pireneus.com/404.php

Ce qui peut vouloir dire que les plantes de l’étage des collines ou de l’étage montagnard sont souvent appelées «plantes de rocaille». Alors que les plantes alpines viennent des étages subalpin et alpin.

Même si l’on s’en tient à cette définition, il ne faut pas oublier pourquoi une plante s’adapte aussi bien au niveau alpin et au milieu montagnard. La différence étant dans les conditions de croissance.

Au niveau montagnard ou collinéen, les conditions de croissance sont moins excessives, se rapprochant du climat que l’on a au Québec et en Ontario. Ce sont des plantes adaptées à nos rocailles.

  LE MONT  JACQUES CARTIER C’est le plus haut sommet du Québec méridional avec son point culminant à 1 268 m d’altitude et le deuxième plus haut sommet du Québec après le Mont d’Iberville.
Le pergélisol est présent au sommet. __________________  
LES ZONES ALTITUDINALES   D’après Francis Boudreau, dans sa thèse de maîtrise à l’Université Laval en 1981, trois zones altitudinales peuvent être définies au mont Jacques Cartier après l’étage collinéen.
Voir Écologie des étages alpin et subalpin du mont Jacques-Cartier, Parc de la Gaspésie, Québec.  
L’ÉTAGE COLLINÉEN La zone entre 0 et 250 m.   L’ÉTAGE MONTAGNARD Cette zone est comprise entre 250 à 900 m d’altitude.
L’ÉTAGE SUBALPIN L’étage subalpine, la zone de transition entre l’étage montagnard et l’étage alpin, se situe entre 900 à 975 m.
L’ÉTAGE ALPIN L’étage alpin, au-dessus de la limite forestière, est localisé entre 975 à 1 268 m.        

Aux niveaux alpin et subalpin on retrouve :

  • Une luminosité différente ;
  • un rayonnement de rayons UV plus  intense ;
  • une faible concentration de CO2, à cause de la pression de l’air en altitude ;
  • des grandes variations de température dans la même journée, le vent augmentant le risque de dessèchement des plantes ;
  • les pentes diminuent la rétention de l’eau.

Il faut mentionner que les plantes de l’arctique sont similaires morphologiquement par les adaptations qu’elles ont développées au fil de leurs évolutions car les conditions de vie en haute montagne et dans les régions arctiques se ressemblent. En situation arctique, la rudesse des éléments imite les conditions de croissance de la haute altitude en montagne. 

Malgré ces conditions très différentes de celles de nos jardins, cela ne veut pas dire qu’on ne peut pas cultiver les alpines à basse élévation. La plupart des alpines survivront bien si le drainage est très élevé, c’est-à-dire si le sol est très léger, sablonneux ou graveleux.

D’ailleurs une étude sur l’adaptation de 50 plantes alpines au niveau terrestre a été faite en 2017 par une chercheure de l’université de Grenoble. (Mathilde Reich, (L’adaptation des plantes alpines à basse altitude).

On ne voit aucune différence significative entre les résultats des 2 lieux, alpin et terrestre, pour la plupart des conditions de croissance.

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Un peu d’histoire … (NDLR)

En feuilletant le livre de Camille Rousseau, Géographie floristique du Québec-Labrador, Distribution des principales espèces vasculaires, Les Presses de l’université Laval, Québec, 1974, j’ai trouvé les définitions suivantes :

ALPIN

«Qui croît sur des plateaux dénudés et suffisamment froids pour héberger au moins quelques plantes arctiques. Dans la présente étude, ce terme s’applique aux sommets de montagnes qui ont déjà reçu la visite de botanistes, à savoir : les monts Torngat et Kaumajet, Irony et Gerin, Mealy, Otish, Reed et Groulx, Saint-Pierre, Notre-Dame (Shickshocks) et Saint-Urbain». NDLR : le mont Jacques Cartier fait partie des Shickshoks.

ARCTIQUE

«Qui croît au nord de la limite des arbres. Dans le présent travail, tout taxon auquel est attribué cette épithète doit nécessairement se rencontrer dans la zone 1 (qui correspond à peu près à l’Ungava)».